Chaque printemps, depuis onze ans, la tulipe est reine dans trois des jardins du château de Cheverny.
Cette année, plus de 500 000 bulbes ont plantés à l'automne, notamment pour former non pas un, mais deux immenses rubans de tulipes. Emerveillement garanti !
Imaginez ce ruban spectaculaire : 500 000 tulipes sur 2 rubans de 250 m de long et 12 m de large… Une déclinaison de rouges, roses, jaunes, orangés, mauves et blancs. Une véritable œuvre d’art naturelle, qui se termine dans la pièce d’eau du parc du château.
Ce magnifique spectacle est à découvrir en avril !
Le ruban de tulipes en chiffres :
2014 : création du ruban de tulipes avec 100 000 bulbes plantés
2015 : ruban de 120 000 bulbes
2019 : ruban de 150 000 bulbes
2020 : ruban de 200 000 bulbes
2022 : ruban de 250 000 bulbes
Depuis 2023 : deux rubans de 500 000 bulbes s'entrecroisent
Variété de tulipes : la Triumph Chaque année, à l’automne, 50 à 60 % du parterre sont renouvelés après enrichissement de la terre.
7 jardiniers travaillent toute l’année à la réalisation de ce spectacle naturel.
Revoir l'évolution 2025 du ruban de tulipes.
Voici les photos au 12 avril 2025.
Dès le début de la floraison 2026, vous pourrez également retrouver toutes les photos de l'évolution du ruban au jour le jour sur Facebook :
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Les tulipes Triumph ou Triomphe
Il existe plus d’une centaine d’espèces de tulipes et des milliers de variétés horticoles. Le nombre de croisements et de créations a poussé les producteurs à organiser les tulipes en 15 groupes, selon leurs caractéristiques, notamment la forme et la période de floraison.
Par exemple, les tulipes du groupe « Triomphe » sont issues originellement d’un croisement entre tulipes simples précoces et tardives, et sont connues pour fleurir tôt dans la saison.
Ce groupe est le plus important ; les tulipes qui en font partie proposent également une très grande diversité de couleurs. On peut les utiliser aussi bien dans des massifs que pour créer des bouquets, car leur tige a la particularité d’être très solide.
La tulipe "Château de Cheverny"
Le 7 avril 2022, la tulipe dite « Château de Cheverny » a été baptisée par Chantal Goya et Louise Jacqueline. Il s'agit d'une tulipe de type Triumph d'origine néerlandaise. Résultat d'un croisement entre tulipes à fleur simple et tardives, elle a été sélectionnée par le producteur Jan Ligthart et est actuellement disponible en édition très limitée.
C'est une tulipe à floraison rapide et précoce qui s'épanouit au jardin ; elle est robuste et lumineuse grâce à ses couleurs contrastées, alliant rose vif et blanc. Cette combinaison de couleurs est difficile à reproduire et donne à cette tulipe un aspect totalement unique.
Sa forme se rapproche d'un hybride Darwin par la taille de la fleur et la floraison précoce. La fleur est conique et se transforme en ovale après ouverture et sa tige est robuste.
La tulipe dite Château de Cheverny a pour ancêtre entre autres la fameuse variété « Strong Gold » qui, comme son nom l’indique, est connue pour sa force et sa robustesse.
L'histoire de la tulipe
Tout commence en 1536, lorsque François Ier signe l’Alliance franco-ottomane avec Soliman le Magnifique, dixième sultan de l'Empire ottoman. Par cette alliance, la France s’assure un allié de poids face aux Habsbourg, mais développe également ses échanges avec la Méditerranée orientale. L’Alliance perdurera jusqu’à la campagne d’Egypte (1798-1801).
C’est ainsi qu’en 1546, Pierre Belon, l’un des tout premiers naturalistes français, accompagne les émissaires de François Ier auprès de Soliman et découvre ses jardins, où il s’émerveille de la beauté des tulipes, plantes inconnues alors en Europe. Il décrira avec minutie cette fleur dans ses écrits, elle qui bientôt fera tourner la tête des Pays-Bas, et de l’Angleterre et de la France dans une moindre mesure.
Le saviez-vous ? Le mot « tulipe » provient du turc « tülbend » et du persan « tulipan ». Ce nom fut donné à la fleur à cause de sa ressemblance avec le turban !
La tulipomanie
Les premiers bulbes sont achetés à Soliman le Magnifique par Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur de Ferdinand Ier auprès de l’Empire ottoman, et fleurissent les jardins impérieux à Vienne vers 1570.
Charles de L’Ecluse est alors intendant des jardins impériaux et c’est probablement lui qui introduit la tulipe dans les Provinces-unies (Pays-Bas) à la fin du XVIe siècle, lorsqu’il est nommé professeur de botanique à l’Université de Leyde.
Dans les années 1620-1630, naît une véritable passion pour les tulipes, notamment pour celles qui sont ornées de stries (Semper Augustus), si bien que les prix doublent d’année en année : au plus fort de l’engouement, une tulipe peut valoir le prix d’une maison !
En 1637, un décret royal met un terme à cette véritable bulle spéculative.
Le saviez-vous ? Contrairement à aujourd’hui, les tulipes striées de l’époque n’étaient pas issues de sélection ni de croisement, mais elles étaient atteintes par une maladie !
Dans la salle d'armes du Château de Cheverny, on retrouve une allusion à la tulipomanie sur un des lambris.
La devise : "Nil nisi flore placet" signifie en effet "Rien ne me plaît sinon cette fleur".